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Dans son Système national d’économie politique (1841), l’allemand Friedrich List développe une critique des thèses favorables au libre-échange défendues par l’économiste classique David Ricardo, qu’il accuse de proposer un édifice scientifique (la théorie de l’avantage comparatif) dont le but politique est de renforcer la suprématie anglaise dans les échanges internationaux. Si List n’est pas fondamentalement hostile au libre-échange et apologétique du protectionnisme, il plaide pour une protection temporaire des industries dans l’enfance (ce que l’on appelle le protectionnisme éducateur). Selon lui, le libre-échange ne peut être établi qu’entre pays se trouvant au même stade de développement économique : entre pays se situant à des stades différents, il ne peut que produire une concurrence déloyale qui enferme le pays le moins développé dans son sous-développement (d’autant que toutes les spécialisations ne se valent pas). Les industries naissantes produisent les biens à des coûts supérieurs et ne peuvent générer des économies d’échelle comme celles des pays les plus avancés : une protection transitoire peut permettre au pays en retard de développement d’améliorer sa compétitivité grâce à des effets d’apprentissage et des gains de productivité. L’approche de List n’est donc pas contradictoire avec l’insertion dans les échanges internationaux : la protection doit être dégressive et le but poursuivi demeure l’instauration du libre-échange (« le protectionnisme est notre voie, le libre-échange est notre but »).

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Les conséquences de l’inflation sur la dette

L’inflation ne se décrète pas et il n’est pas facile de la faire repartir comme l’ont observé plusieurs banques centrales ces dernières années. La crise qui commence résulte de chocs simultanés sur l’offre et la demande dont l’impact sur les prix est incertain. On suppose néanmoins ici que, après éventuellement une première phase de baisse de l’inflation, les liquidités injectés par les banques centrales et les Etats feront remonter l’inflation durablement et nettement au-dessus de la cible actuelle des banques centrales.

Plus l’inflation est forte plus le PIB en valeur augmente, ce qui tend à faire baisser le ratio dette / PIB. Encore faut-il que la dette n’augmente pas plus vite que le PIB sous l’effet du déficit primaire et de la charge d’intérêt. La formule de calcul du solde primaire stabilisant reste la même.

Pour réduire, ou au moins stabiliser, la dette publique (D) en pourcentage du PIB (Y), il faut que le solde primaire (hors intérêt), en points de PIB, soit supérieur, ou au moins égal, à un « solde primaire stabilisant ». Celui-ci (SPS) est égal au produit de la dette par l’écart entre son taux d’intérêt apparent i (rapport de la charge d’intérêt au stock de dette en fin d’année précédente) et le taux de croissance en valeur du PIB g, d’où la formule :

SPS / Y = (i – g) x D / Y

A moyen terme, les dépenses primaires et les recettes publiques sont presque toutes indexées, de fait ou de droit, sur l’inflation. Le solde primaire en pourcentage du PIB ne varie donc pas alors que le solde primaire permettant de stabiliser la dette diminue. En effet, si le taux d’intérêt apparent de la dette ne change pas, l’écart entre celui-ci et le taux de croissance du PIB diminue. Il est donc plus facile de réduire le ratio dette / PIB.

Si la dette est de 130 % du PIB avec un taux d’intérêt apparent de 1,0 %, une croissance du PIB en volume de 1,0 % et une inflation de 3,0 %, le déficit primaire permettant de la stabiliser est de 3,9 % du PIB (et le déficit public associé de 5,2 %).

Le déficit primaire stabilisant la dette en % du PIB

Dette

100 % PIB

115 % PIB

130 % PIB

150 % PIB

Inflation 1,0 %

1,0 %

1,15 %

1,3 %

1,5 %

Inflation 2,0 %

2,0 %

2,3 %

2,6 %

3,0 %

Inflation 3,0 %

3,0 %

3,45 %

3,9 %

4,5 %

Source : FIPECO ; taux apparent de la dette de 1,0 % et taux de croissance du PIB en volume de 1,0 %.

Cependant, d’une part, une partie de la dette publique française (13 %) est indexée sur l’inflation. D’autre part, si l’inflation remonte durablement, les taux d’intérêt à long terme augmenteront également, surtout si la banque centrale relève les taux à court et moyen terme qu’elle contrôle pour ramener l’inflation vers sa cible.

Il est probable que (i-g), dans la formule du solde primaire stabilisant, revienne à son niveau initial au bout de quelques années, ou le dépasse, mais le ratio dette / PIB aura pu diminuer entre-temps. L’inflation facilite donc la réduction du rapport de la dette publique au PIB, mais temporairement car, une fois (i-g) revenu à son niveau initial, il faut un déficit primaire plus faible qu’initialement pour que la dette n’augmente pas de nouveau.

Cette facilité peut inciter le gouvernement à relever encore plus le taux d’inflation et, dans l’histoire de certains pays, de telles politiques ont conduit à l’hyperinflation. Dans les pays développés, aujourd’hui, les banques centrales ont certes pour mandat de maintenir l’inflation au-dessous de limites précises et il est assez sûr qu’elles voudront le respecter. Malgré leur indépendance, il est toutefois envisageable que la politique monétaire soit « dominée » par les objectifs et contraintes de la politique budgétaire, notamment la nécessité de réduire la dette publique. Sans aller jusqu’à l’hyperinflation, l’inflation pourrait dépasser de beaucoup et pendant longtemps la cible actuelle de la banque centrale.

Or l’inflation a des coûts économiques et sociaux importants. Plus elle est forte, plus elle est volatile dans le temps, ce qui accroit l’incertitude pour les ménages et entreprises, et plus elle varie d’un pays à l’autre, ce qui aggrave les écarts de compétitivité. Les inégalités entre ménages sont accrues car ils sont inégalement protégés par des revenus et des patrimoines plus ou moins indexés sur l’inflation. Celle-ci s’accompagne généralement d’une dépréciation de la monnaie nationale, qui elle-même la renforce et réduit le pouvoir d’achat des ménages.

En outre, la croissance de la monnaie en circulation a souvent un impact rapide non pas sur les prix à la consommation, l’inflation au sens usuel, mais sur les prix des actifs : actions, or, titres obligataires, immobilier, devises. Dans un contexte de taux d’intérêt très bas où les rendements des placements sans risques sont donc très faibles, les acteurs des marchés financiers sont tentés de réaliser d’importantes plus-values en achetant des actifs risqués pour les revendre un peu plus tard. Ils alimentent ainsi des « bulles spéculatives » qui finissent toujours par éclater, généralement en provoquant des dommages dans « l’économie réelle » du fait de la faillite d’agents économiques ayant spéculé à la hausse qui entraîne d’autres agents économiques dans leur chute. Même s’il ne s’agit pas de bulles, les transferts de ces liquidités d’une catégorie d’actifs à l’autre créent une forte volatilité du prix de ces actifs qui a également des effets déstabilisateurs.

Lorsque l’inflation devient trop forte, il faut donc mener des politiques de désinflation qui sont longues et difficiles, notamment parce qu’elles compliquent la gestion des finances publiques. La France en a fait la dure expérience dans les années 1980.

L’effet de boule de neige et le solde stabilisant la dette

La dette publique, rapportée au PIB, augmente si le solde public, également rapporté au PIB, est inférieur à un certain niveau appelé « solde stabilisant ».

En outre, elle s’accroît indéfiniment sous le poids des charges d’intérêt si le « solde public primaire », c’est-à-dire hors charge d’intérêt, reste inférieur à un certain solde primaire appelé « solde primaire stabilisant ». La dette gonfle alors à la manière d’une boule de neige qui se transforme en avalanche, d’où l’appellation « effet de boule de neige » pour désigner ce phénomène.

Dans une perspective de moyen terme, il est préférable de s’intéresser au « solde structurel stabilisant » et au « solde primaire structurel stabilisant ».

Le solde et la dette en question peuvent être ceux des administrations publiques dans leur ensemble ou de tout organisme public pris isolément.

Cette fiche explique le calcul des divers soldes stabilisants (effectif, primaire, structurel), puis rappelle que la variation de la dette d’une année à l’autre n’est pas nécessairement égale au déficit public de l’année. Elle montre enfin quelle a été l’évolution du solde stabilisant en France ces dernières années.

 Le solde stabilisant

Le rapport de la dette au PIB est stable si le taux de croissance de la dette est égal à celui du PIB en valeur.

Cette formule peut être formellement écrite de la manière suivante : 

D étant la dette fin N-1, S le solde en N (- S le déficit), Y le PIB en N et d désignant une variation de N-1 à N soit de la dette (dD/D) soit du PIB (dY/Y)

La dette est stable en pourcentage du PIB en N si :

                                                               dD/D = dY/Y

La variation de la dette entre les fins des années N-1 et N est elle-même égale au déficit en N.

Il faut donc que                                     - S / D = dY/Y

Cette égalité peut également s’écrire de la manière suivante :

                                       - S/Y x Y/D = dY/Y

Cette égalité peut également s’écrire de la manière suivante :

                                     - S/Y = dY/Y x D/Y

Le rapport de la dette au PIB est donc stable en N si le déficit rapporté au PIB (- S/Y) est égal au produit des deux termes suivants : le taux de croissance du PIB en valeur (dY/Y) et le rapport entre la dette en N-1 et le PIB (D/Y). Autrement dit, le déficit stabilisant la dette à ce niveau d’endettement est le produit de ces deux termes.

Si le déficit public, rapporté au PIB, est supérieur (inférieur) au déficit stabilisant, la dette augmente (diminue).

Par exemple, si la dette en N-1 représente 60 % du PIB et si la croissance du PIB en valeur est de 5% la dette en pourcentage du PIB est stable en N si le déficit est égal 3 % du PIB. Autrement dit, le déficit stabilisant une dette à 60 % du PIB avec une croissance du PIB en valeur de 5 % est égal à 3 % du PIB.

Si le déficit est lui-même stable en pourcentage du PIB et supérieur au déficit stabilisant, la dette, en pourcentage du PIB, augmente jusqu’à ce qu’elle soit égale au produit des deux termes suivants : le déficit rapporté au PIB, d’une part ; l’inverse du taux de croissance du PIB, d’autre part.

Par exemple, si le déficit est maintenu à 3 % du PIB et si la croissance du PIB est chaque année de 5 % en valeur, une dette initialement égale à 50 % du PIB augmentera jusqu’à 60 % du PIB et s’y maintiendra.

Le solde primaire stabilisant

La formule précédente montre que plus la dette rapportée au PIB est élevée, plus le déficit stabilisant est lui-même élevé, ce qui pourrait laisser croire que plus la dette est importante, plus il est facile de la stabiliser. En réalité, plus la dette est importante, plus il est difficile de la stabiliser.

En effet, pour un taux d’intérêt donné, plus la dette est élevée plus la charge d’intérêt est importante et plus l’excédent primaire nécessaire pour stabiliser la dette est élevé, comme le montre l’exemple suivant.

Le déficit stabilisant augmente de 0,03 point de PIB lorsque la dette s’accroît de 1 point, si la croissance du PIB en valeur est de 3 %. Si le taux d’intérêt est supérieur à 3 %, la charge d’intérêt augmente toutefois de plus de 0,03 point de PIB. Pour limiter la hausse du déficit à 0,03 point de PIB, il faut donc soit augmenter les recettes, soit diminuer les dépenses primaires (hors charges d’intérêts), c’est-à-dire accroître le solde primaire.

 Pour stabiliser la dette en pourcentage du PIB, il faut que le solde primaire soit supérieur au produit de la dette, rapportée au PIB, par l’écart entre le taux d’intérêt de la dette et le taux de croissance en valeur du PIB. La valeur de ce produit est celle du solde primaire stabilisant.

En effet, en reprenant les notations utilisées ci-dessus et en désignant par i le taux d’intérêt de la dette, iD la charge d’intérêt (produit du taux d’intérêt par l’encours de la dette), SP le solde primaire et g le taux de croissance du PIB en valeur,

S = SP - iD

La formule précédente de calcul du solde stabilisant :  

                                                  - S/Y = dY/Y x D/Y

Peut s’écrire :                          (-SP + iD) / Y  = g x D/Y

soit :                                      –SP/Y = g x D/Y – i x D/Y

ou encore                                 SP/Y = (i – g) x D/Y

Lorsque le taux d’intérêt apparent de la dette est égal au taux de croissance du PIB, ce qui est le cas dans certains modèles théoriques de croissance à long terme, le solde primaire stabilisant est nul.

Si son taux d’intérêt apparent est supérieur au taux de croissance du PIB, la dette augmente indéfiniment si le solde primaire reste inférieur au solde primaire stabilisant. C’est l’effet de boule de neige de la dette : elle s’autoalimente du fait de l’accumulation des charges d’intérêt.

Pour arrêter cette croissance autoentretenue de l’endettement, il faut relever le solde primaire jusqu’au niveau du solde primaire stabilisant mais, plus la dette est déjà élevée, plus le solde primaire stabilisant est important.

En conséquence, lorsque l’endettement est entré dans un processus d’emballement auto-entretenu, plus les mesures nécessaires pour l’arrêter sont prises tardivement, plus elles doivent être de grande ampleur. Il est beaucoup plus difficile de stopper une avalanche qu’une boule de neige.

Dans un article de 2018, O. Blanchard a toutefois montré que le taux de croissance du PIB a plus souvent été supérieur au taux apparent de la dette fédérale dans l’histoire des Etats-Unis, ce qui pourrait être le cas dans d’autres pays développés. Dans ces conditions, le solde primaire stabilisant est un déficit et il est d’autant plus élevé que la dette est importante. Si celle-ci augmente beaucoup, le risque est alors que le taux d’intérêt repasse au-dessus du taux de croissance du PIB et que la stabilité de la dette exige un excédent primaire encore plus fort.

La stabilisation de la dette dans une perspective de moyen terme

Le déficit public peut être inférieur au déficit stabilisant parce que l’économie est conjoncturellement dans une phase cyclique de forte croissance. Le déficit est alors faible du fait de sa composante conjoncturelle et le déficit stabilisant est lui-même élevé parce que la croissance du PIB est forte.

Une telle situation n’est pas durable : la croissance risque de ralentir, ce qui entraîne une augmentation de la composante conjoncturelle du déficit et une diminution du déficit stabilisant.

Pour apprécier la situation à moyen terme des finances publiques et déterminer si la dette est engagée dans un processus auto-entretenu de type boule de neige, il est préférable de considérer le « solde structurel », qui est indépendant de la conjoncture, et la « croissance potentielle » du PIB, c’est-à-dire la croissance moyenne sur la durée d’un cycle économique.

Le déficit structurel stabilisant est le produit de la dette publique, rapportée au PIB, par le taux de la croissance potentielle en valeur. La dette, rapportée au PIB, est stabilisée à moyen terme si le déficit structurel est inférieur à ce déficit structurel stabilisant.

Le solde primaire peut, de même, se trouver au-dessus du solde primaire stabilisant parce que la croissance est conjoncturellement forte, mais aussi parce que le taux d’intérêt de la dette est faible. Ce dernier dépend pour une grande part des taux auxquels les emprunts ont été contractés au cours des années passées et il peut donc être à un bas niveau alors même que la croissance est forte et que la banque centrale relève ses taux directeurs.

Dans une perspective de moyen terme, il faut donc comparer le solde structurel primaire au solde structurel primaire stabilisant, qui est calculé en retenant la croissance potentielle du PIB et un taux d’intérêt de la dette considéré comme représentatif des conditions d’endettement à moyen terme.

Les autres facteurs de variation de la dette publique

Dans les développements qui précèdent, la dette à la fin de l’année N était supposée égale à la dette à la fin de l’année N-1 majorée du déficit en N.

Or de nombreux facteurs peuvent expliquer un écart, dans un sens ou dans l’autre, entre la variation de la dette publique et le déficit public sur une même période.

Le déficit public peut d’abord être financé par des cessions d’actifs financiers (vente d’actions par exemple), des remboursements de créances (sur d’autres Etats par exemple) ou une diminution des liquidités à la disposition des administrations (excédents de leurs comptes bancaires par exemple). Le cas échéant, le déficit public n’augmente pas la dette brute (en revanche, la dette nette s’accroît).

Inversement, la dette publique brute peut augmenter en l’absence de déficit public si les administrations empruntent pour financer l’acquisition d’actifs financiers (achats d’actions d’entreprises ou souscription à leurs augmentations de capital, prêts à des Etats étrangers ou à des entreprises…). Dans ce cas, la dette nette ne varie pas.

L’écart entre le déficit et la variation de la dette publique sur une période donnée s’explique donc largement par ces « flux nets de créances » (en fait le total des flux nets d’actifs financiers) exprimés en valeur nominale comme la dette au sens de Maastricht. D’autres facteurs interviennent toutefois également.

Les recettes et dépenses qui sont à l’origine du déficit public sont comptabilisées en « droits constatés » et non en « encaissements et décaissements ». Or par exemple, si une dépense de fonctionnement est constatée sans être décaissée, le déficit public est accru en contrepartie de la constatation d’une dette commerciale. Celle-ci est enregistrée dans la dette brute au sens des comptes nationaux mais pas dans la dette brute au sens du traité de Maastricht qui n’augmente donc pas.

L’Etat peut émettre une année donnée des « obligations assimilables du trésor » (OAT) caractérisées par un taux et une échéance de remboursement puis continuer les années suivantes à émettre des OAT ayant les mêmes caractéristiques alors que les taux d’intérêt ont baissé sur les marchés financiers. Dans ce cas, il peut recevoir, par exemple, 110 000 XOF pour une OAT d’une valeur faciale de 100 000 XOF, l’écart de 10 000 XOF constituant une « prime d’émission ». Dans ces conditions, un déficit de 110 000 XOF peut correspondre à une hausse de seulement 100 000 XOF de la dette brute qui est enregistrée en valeur faciale. Cet effet des primes d’émission a été particulièrement important ces dernières années.

SMDIA 

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Nouvelle classification des pays en fonction de leur revenu : 2020-2021

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Les données actualisées relatives à la classification des pays en fonction de leur revenu sont disponibles ici (a).

La Banque mondiale répartit les économies du monde en quatre groupes : faible revenu, revenu intermédiaire de la tranche inférieure, revenu intermédiaire de la tranche supérieure et revenu élevé. Cette classification est actualisée chaque année le 1er juillet. Elle repose sur le RNB par habitant de l'année précédente (2019 dans le cas présent) en dollars courants, selon la méthode dite « de l’Atlas » (a) pour le lissage des fluctuations de taux de change.

Deux facteurs déterminent l’évolution de la classification des pays :

  1. le RNB par habitant, qui évolue en fonction de la croissance du revenu du pays concerné, de l’inflation, des taux de change et de la démographie, sachant en outre qu’il peut aussi changer à la suite des révisions apportées aux données et aux méthodes de comptabilité nationale — les nouvelles données relatives au RNB par habitant pour 2019 sont disponibles ici ;
  2. pour que les seuils de classification des revenus restent fixes en termes réels, ils sont ajustés chaque année en fonction de l'inflation. Nous utilisons pour cela le déflateur du droit de tirage spécial (DTS), qui est une moyenne pondérée des déflateurs du PIB de la Chine, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et de la zone euro. Les nouveaux seuils (à comparer au RNB par habitant en USD courants, méthode Atlas) sont indiqués ci-dessous.

Groupe

1er juillet 2020

1er juillet 2019

Faible revenu

   

Revenu intermédiaire/tranche inférieure

1 036 - 4 045

1 026 - 3 995

Revenu intermédiaire/tranche supérieure

4 046 - 12 535

3 996 - 12 375

Revenu élevé

> 12 535

> 12 375


Ce qui a changé

Le tableau ci-dessous indique les dix économies qui changent de catégorie cette année. Il convient de rappeler que la classification effectuée par la Banque mondiale se fonde sur le RNB de l'année précédente (2019 dans le cas présent). Par conséquent, les chiffres du RNB utilisés pour cette actualisation ne reflètent pas encore l'impact de la pandémie de COVID-19.

Pays passant dans une catégorie de revenu supérieure

 Pays

Catégorie actuelle

Catégorie précédente

RNB/habitant/$ (2019) au 1er juillet 2020

RNB/habitant/$ (2018) au 1er juillet 2019

Bénin

Intermédiaire inférieur

Faible

1 250

870

Indonésie

Intermédiaire supérieur

Intermédiaire inférieur

4 050

3 840

Maurice

Élevé

Intermédiaire supérieur

12 740

12 050

Nauru

Élevé

Intermédiaire supérieur

14 230

11 240

Népal

Intermédiaire inférieur

Faible

1 090

960

Roumanie

Élevé

Intermédiaire supérieur

12 630

11 290

Tanzanie

Intermédiaire inférieur

Faible

1 080 

1 020 

Pays passant dans une catégorie de revenu inférieure 

Algérie

Intermédiaire inférieur

Intermédiaire supérieur

3 970

4 060

Soudan

Faible

Intermédiaire inférieur

590

1 560

Sri Lanka

Intermédiaire inférieur

Intermédiaire supérieur

4 020

4 060


Les révisions des comptes nationaux ont joué un rôle important dans l'actualisation à la hausse concernant le Bénin, Nauru et la Tanzanie. Pour le Soudan, la valeur du RNB sur la période 2009-2018 a été adaptée à la suite des révisions des taux de change. Le chiffre du RNB par habitant pour 2018 a été révisé à la baisse ; il s'établit à 840 dollars au lieu de 1 560 dollars (chiffre publié précédemment et figurant dans le tableau). L'Algérie, l'Indonésie, Maurice, le Népal, le Sri Lanka et la Roumanie étaient très proches de leurs seuils respectifs l'année dernière.

En savoir plus

Pour en savoir plus sur la méthode de classification des pays utilisée par la Banque mondiale, cliquez ici (a). Sur la page de classification des pays (a), on trouve la liste complète des économies, classées par revenu, par région et par conditions d’emprunt, ainsi que des liens vers les classifications des années précédentes. La classification des pays par catégorie d’emprunteurs (financements de l’IDA, mixtes ou de la BIRD) a également été mise à jour. Ces tableaux couvrent tous les États membres de la Banque mondiale ainsi que les économies de plus de 30 000 habitants. Les termes « pays » et « économie », employés indifféremment, n’impliquent pas nécessairement une indépendance politique, mais renvoient à un territoire pour lequel les autorités publient des statistiques économiques ou sociales distinctes.

Les données sur le RNB, le RNB par habitant, le PIB, le PIB en PPA et la population pour l’année 2019 sont désormais disponibles dans le catalogue de données en libre accès de la Banque mondiale (a). Ces données sont des estimations préliminaires qui peuvent faire l’objet d’une révision. Pour en savoir plus, contactez-nous en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

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1. Fiche oignon

1.1. Description de la filière

1.1.1. La production

Estimation et évolution de la production. La production est en croissance continue, quoique mal connue. Certaines sources officielles mentionnent une production de 260 000 tonnes en 2012/13, ce qui semble peu vraisemblable et peu cohérent avec l’importance constatée des importations. Une estimation entre 160 000 et 180 000 tonnes semble plus réaliste[1]. La production aurait doublé au cours des 10 dernières années, ce qui dénote un rythme de progression annuelle de l’ordre de 7%.

Zones de production. On distingue deux principales zones de prodution :

·         Les Niayes, et particulièrement la zone Nord (Gandiol, Potou, Rao,…) où les conditions climatiques permettent de cultiver à la fois les variétés précoces et tardives, étalant ainsi la période de production sur près de 10 mois.  L’irrigation se fait soit à partir de puits cimentés (zone Nord), soit de céanes,  là où la nappe phréatique est facilement accessible (Centre et Centre-Sud) soit de  branchements de la SDE dans les environs de Dakar. Dans la zone nord, l’exhaure et l’arrosage manuel sont largement dominants comme système d’irrigation alors que dans le Sud l’aspersion et le goutte-à-goutte se développe, notamment grâce à l’appui de projets de développement.

·         La Région du Fleuve (notamment le département de Podor, qui représente plus de 50% de la production du Fleuve, suivi par les départements de Dagana puis de Matam), où la variété dominante est le violet de Galmi, bien adapté à la chaleur du climat. La production, qui fait l’objet d’un suivi de la SAED, est de 107 000 tonnes en 2012/13, en augmentation moyenne de 20% sur les 5 dernières années La culture est pratiquée en alternance avec une culture d’hivernage (riz ou maïs) ou une culture de contre-saison froide (tomate) sur les périmètres villageois,  irrigués par pompage à partir du Fleuve Sénégal ou d’un de ses bras. L culture se fait sur billions. Les semis sont installés dès la fin des pluies et  l’oignon est repiqué de fin septembre à février (avec un cycle de production de 90 jours).

Nombre de producteurs. Le nombre de producteurs d’oignons est très important, puisque 14% des ménages ruraux le cultivent.  Le nombre de producteurs « professionnels » installés dans les principales zones de production peut être estimé entre 10 000 et 15 000, sur la base d’une taille moyenne d’exploitation variant selon les zones de 0,3 à 2 ha (dans le Nord des Niayes) par exploitation.

Principales contraintes de production. Dans les deux zones de production, les producteurs s’approvisionnent en semences auprès de fournisseurs agréés, et utilisent des niveaux relativement élevés d’engrais. Au contraire du riz et de la tomate, l’oignon n’est pas financé par la CNCAS sur le Fleuve en raison de la volatilité des prix et du marché. Dans les Niayes, on note l’existence de quelques systèmes de financement des campagnes montés avec des institutions de microfinance. Le coût élevé de la culture et la faiblesse des moyens de financement constituent une contrainte générale à l’accroissement de la production.

Dans les Niayes, la principale contrainte de production, outre le manque de financement,  est l’arrosage manuel, qui nécessite une main d’œuvre importante. L’introduction de méthodes d’irrigation plus modernes permet à la fois de réduire les coûts, d’économiser l’eau et de d’accroître les rendements.

Sur le Fleuve, la principale contrainte mentionnée par les producteurs est le niveau élevé de  floraison des semences de violet de Galmi, qui affecte la qualité du produit et son aptitude à la conservation. Ce problème serait du à une dégénérescence de la variété, ce diagnostic devant être confirmé par des études rigoureuses.  

1.1.2. Le marché et son approvisionnement

Les besoins de consommation. La consommation d’oignons au Sénégal est estimée par l’ARM entre 15 000 et 18 000 tonnes/mois, soit environ 200 000 tonnes par an, ce qui place le Sénégal parmi les principaux pays consommateur d’oignon, avec une moyenne per capita de 13 kg, par an, juste derrière le Niger, premier consommateur de la sous région avec une consommation de plus de 20 kg/an/habitant. On peut supposer que cette estimation est légèrement sous-évaluée, dans la mesure où elle est basée sur les besoins d’importation en hivernage, période au cours de laquelle l’oignon est plus cher, et donc, vraisemblablement, la consommation réduite. Une estimation de l’ordre de 250 000 tonnes paraît donc dans les limites du vraisemblable

Importations. Les importations, qui sont connues par les statistiques douanières, s’élèvent en moyenne à 100 000 tonnes par an (contre 50 000 tonnes en moyenne pendant les années 2000-2004).   Les importations proviennent en majeure partie des Pays-Bas. Elles sont le fait d’un petit nombre d’importateurs, qui revendent les produits aux grossistes présents sur les marchés de consommation.

Estimation de la production. La comparaison des importations et de la consommation montre, même si l’on suppose des exportations non contrôlés vers les pays voisins (notamment la Mauritanie et la Gambie) qui pourraient atteindre 50 000 tonnes au maximum, que la production mise en marché ne peut dépasser 150 000 tonnes, correspondant, avant pertes post-récolte, à une production brute de 160 000 à 180 000 tonnes.

1.1.3. La problématique de qualité

Aptitude à la conservation. La principale problématique de qualité par rapport au marché est l’aptitude à la conservation, à laquelle s’attachent aussi bien les commerçants que les consommateurs. De l’avis des commerçants, c’est une meilleure aptitude à la conservation qui explique la préférence du marché pour l’oignon importé, notamment en fin de période de production, époque à laquelle les problèmes de conservation de l’oignon local se posent avec le plus d’acuité.

Le défaut d’aptitude à la conservation de l’oignon local est du d’abord au fait que sa teneur en eau est trop élevée lorsqu’il est récolté trop tôt, ce que les producteurs ont parfois tendance à faire sous la pression des ouvriers agricoles, lesquels ne sont payés qu’après la récolte. L’aptitude à la conservation dépend aussi largement du respect de l’itinéraire technique (qualité de la semence, technique de récolte adéquate, application des traitements phyto-sanitaires, dosage correct de l’engrais).

Moyens de stockage. Si ces conditions sont respectées, l’oignon peut se conserver avec des pertes modérées sur une période de 3 ou 4 mois dans un magasin à l’abri du soleil, correctement ventilé, disposant de claies sur lesquelles sont ils sont entreposés (type des magasins construits la les Maisons Familiales)

Autres facteurs de qualité. Le calibrage semble être également un facteur de qualité pris en compte par le marché, dans la mesure où la taille préférée des oignons dépend du marché de destination (Dakar préfère des oignons de gros calibre, tandis que Touba préfère des oignons de petit calibre). La mise sur le marché de lots de taille homogène facilite donc le travail de tri effectué par le commerçant, et peut justifier une prime sur le prix.  

1.1.4. La commercialisation

Quatre grands types d’acteurs peuvent être identifiés dans les circuits de commercialisation :

·         les bana-banas, commerçants itinérants chargés de la collecte et de l’acheminement des produits maraîchers jusqu’aux marchés de gros, qui développent parfois des liens privilégiés avec certains producteurs en leur fournissant semences et engrais à crédit ;

·         les coxeurs, intermédiaires commissionnaires chargés de réceptionner la marchandise, trouver des acheteurs et négocier les prix pour les bana-banas. Nous pouvons distinguer deux types : d’une part les coxers ruraux, qui interviennent dans les marchés ruraux appelés Louma et assurent la médiation entre producteurs et bana-banas ; d’autres les coxeurs urbains que nous rencontrons dans les marchés de gros urbains et qui jouent un rôle important dans la distribution de l’oignon ;

·         les grossistes, qui assurent une fonction classique de regroupement au niveau des marchés urbains ; Les grossistes du marché terminal sont les véritables maîtres du marché, tirant notamment leur rôle prédominant du fait qu'ils préfinancent les taxes et frais de marché des collecteurs, et qu'ils interviennent à la fois sur les importations et sur l'oignon local.

·         les détaillants, qui vendent au tas ou parfois au kg à la demande de la clientèle sur les marchés.

En ce qui concerne les lieux de commercialisation, on distingue principalement : les marchés d’approvisionnement, situés dans les zones de production, et sur lesquelles les producteurs, avec l’assistance du coxeur, rencontrent les bana banas ; les marchés de gros urbains, approvisionnés principalement par les banas banas, sur lesquels opèrent les grossistes, travaillant alternativement sur l’oignon local et l’oignon importé.

1.1.5. Organisation de la filière

L’interprofession et l’organisation professionnelle. Si, sur le Fleuve, l’Organisation des Producteurs d’oignons de la Vallée (l’APOV) regroupe spécifiquement des GIE de producteurs d’oignons (organisés autour de 10 zones de production), il ne semble pas exister dans les Niayes d’organisation spécifique des producteurs d’oignons, mais plutôt des Fédérations ou Unions de producteurs maraîchers, regroupant des structures associatives locales et des GIE. Ces structures, souvent créées au gré des projets qui interviennent dans la zone, sont souvent faiblement organisées et leur représentativité est souvent difficile à établir, un même GIE ou une même structure locale pouvant être membre de plusieurs structures fédératives. Deux structures fédératives émergent cependant et jouent, avec l’APOV, un rôle particulièrement actif dans l’interprofession, l’Association des Unions des maraîchers des Niayes (AUMN) et l’Association nationale pour le Développement de l’horticulture (ANDH).  

L’interprofession de l’oignon, récemment créée, regroupe les producteurs, les intermédiaires commerciaux (grossistes et coxeurs) et les importateurs (représentés par l’UNACOA). L’ARM en est membre associé. Elle est appelée à jouer un rôle de premier plan au sein de l’instance de régulation de la filière.

Protection et régulation du marché. L’oignon importé est soumis à un droit de douane de 20% auquel s’ajoute une surtaxe du même montant. Le Sénégal a, en outre, protégé son marché au cours des années 2000 en utilisant les clauses spéciales de sauvegarde pour limiter les importations. Depuis 2011, l’Etat a mis en place, en collaboration avec l’interprofession, un comité de pilotage du gel des importations, qui décide chaque année une période de gel, au vu de l’examen des stocks, de la production et des prix (l’Agence de Régulation des Marchés agricoles, l’ARM, étant en charge de cette analyse). La période pendant laquelle les importations sont autorisées  commence en principe début août et peut se prolonger jusqu’en janvier. Les Déclarations d’autorisation d’importation de produits agricoles (les DIPA), nécessaires pour importer, ne sont délivrées par la Direction du Commerce Intérieur (DCI) que pendant cette période et, depuis 2013, ne sont valables que pour une période de 2 mois.

Ce système de régulation donne satisfaction aux producteurs, qui souhaitent cependant que la période pendant laquelle les importations sont autorisées s’arrête plus tôt, afin de permettre un bon écoulement de la production précoce du Fleuve ?

 

1.2. Analyse de la filière

1.2.1. Le système des prix

Prix de l’oignon importé. Sur la base d’un cours moyen de l’oignon de l’ordre de 0,3 Euros sur les marchés européens en 2012, le coût de revient de l’oignon importé peut être estimé autour de 320 FCFA/kg rendu Dakar[2].

Au cours de l’année 2013, les prix sur le marché de Dakar étaient de 400 FCFA et plus au démarrage de la campagne d’importation (les premiers arrivages bénéficiant de la pénurie relative qui sévit sur le marché à cette époque), puis ont baissé progressivement, notamment avec l’arrivée sur le marché des premiers oignons locaux en février, jusqu’ à moins de 300 FCFA (voir graphique). L’importation d’oignons apparaît donc comme un commerce relativement spéculatif, rémunérateur au début de la campagne d’importation, mais vraisemblablement déficitaire pour les stocks qui restent invendus lorsque commence la campagne de production locale.

Prix de l’oignon local sur le marché de Dakar. Au cours de l’année 2013, le prix de l’oignon local était de l’ordre de 300 FCFA au démarrage de la production (février) ; il s’est dégradé jusqu’à un minimum de 200 FCFA entre mars et mai (période de l’abondance de l’offre locale), puis a recommencé à augmenter à mesure que l’offre locale se raréfie, jusqu’à un pic de 500 FCFA fin juillet, à la fin de la période de gel (voir graphique).  Ce cycle de prix, qui s’explique très logiquement, se retrouve de façon similaire à peu près tous les ans.

Décote de l’oignon local. On note que l’oignon local subit, de façon générale, une décote de l’ordre de 30 à 50 FCFA/kg par rapport à l’oignon importé, ce qui semble traduire une certaine préférence des consommateurs pour l’oignon importé, qui se conserve mieux.

Prix au producteur. Les prix de vente sur les marchés d’approvisionnement (sur lesquels une majorité de producteurs commercialisent leurs produits) sont très fluctuants en fonction de l’offre et de la demande, suivant le même cycle saisonnier que sur le marché de Dakar :

·         Dans les Niayes, les prix ont évolué de 200 FCFA en février jusqu’à un minimum de 90 FCFA en mars/avril, puis remontent progressivement jusqu’à un pic de 300 FCFA en juillet

·         Sur le Fleuve, les prix partent d’un palier de 120-150 FCFA en février, pour tomber à 75-100 FCFA en mars/avril et remonter en fin de campagne (mai/juin) à 150 FCFA.

On note que le prix au producteur est toujours, à un moment donné supérieur dans les Niayes, la différence (qui peut varier de 20 à plus de 50 FCFA/kg) étant largement supérieure au coût différentiel de transport. Ces meilleures conditions de vente traduisent vraisemblablement l’existence de circuits de commercialisation plus courts, d’une plus grande concurrence à l’achat, du fait d’une plus grande proximité des grands centres de consommation. La différence entre les Niayes et le Fleuve sur les prix moyens au producteur pour l’ensemble de la campagne sont vraisemblablement d’autant plus élevée que les Niayes profitent d’une plus grande flexibilité dans le calendrier de production, qui leur permet de produire en fin de saison, à l’époque où les prix sont plus élevés.

1.2.2. Analyse économique

Les coûts de production. Le coût de l’oignon rendu sur le marché d’approvisionnement est estimé sur le Fleuve à environ 1,5 million FCFA/ha, soit 60 FCFA/kg sur la base d’un rendement de 25 T/ha. Il est plus élevé dans les Niayes, pour les exploitations pratiquant le mode d’irrigation traditionnel par arrosage manuel (du fait des forts besoins en main d’œuvre dans ce type d’irrigation) et s’élève à environ 2 ,5 millions FCFA/ha, soit 100 FCFA/kg.[3]

Marge nette de production. La marge nette moyenne, calculée sur la base d’un prix de vente moyen de l’ordre de 120 FCFA/kg sur le Fleuve et 160 FCFA/kg dans les Niayes, est, dans les deux cas, de l’ordre de 1,5 million/ha (l’avantage de prix des Niayes étant compensé par un coût supérieur), ce qui place l’oignon parmi les cultures irriguées les plus rémunératrices.

 Valeur ajoutée au stade de la production. La valeur ajoutée au stade de la production est estimée en moyenne à 100 FCFA/kg, soit de l’ordre de 16 milliards FCFA pour l’ensemble de la filière. La valeur ajoutée entre le bord champ et le stade de gros est estimée à 68 FCFA/kg, soit 10 milliards.

1.2.3. Coûts et marges de commercialisation

La marge de commercialisation sur le circuit de Podor à Dakar peut êtes estimée comme suit :

Prix producteur                                               120

Transport Dakar                                              12

Manutention, coxeur et divers                        20

Coût rendu Dakar                                           152

Marge et pertes (20%)                                     75

Prix vente marché de gros                               230

 

Cette analyse ne fait pas apparaître de marge excessive, ce qui permet de conclure à une relative efficacité du système de commercialisation.

1.2.4. Rentabilité économique

Le coût économique de l’oignon local rendu à Dakar au stade de gros ressort, d’après les analyses précédentes, entre 150 et 170 FCFA/kg. Ce coût étant nettement inférieur au coût d’importation hors taxe (autour de 230 FCFA/kg), la filière apparaît économiquement rentable. Cette rentabilité est d’autant plus forte lorsqu’il s’agit d’approvisionner les villes de l’intérieur, pour lesquelles l’oignon importé subit un coût additionnel de transport.    

1.2.5. Benchmarking avec un pays de la sous-région

La comparaison s’impose avec le Niger, premier producteur et premier exportateur de la sous-région. Elle fait apparaître un léger avantage compétitif pour le Niger, qui dispose d’une longue tradition dans la culture de l’oignon, et dont la variété dominante, le violet de Galmi, jouit d’une réputation établie sur les marchés.

 

NIger

Sénégal

commentaires

Consommation/habitant

Entre 20 kg et 43kg selon les sources

13 kg

Consommation plus forte au Niger

production

372 000

180 000

 

export

68 000 (Ghana, Bénin, Côte d’Ivoire, Nigeria)

Marginal (Gambie, Mauritanie)

Avantage compétitif du Niger, grâce à sa position géographique par rapport aux grands marché régionaux et à son coût de revient

import

marginal

100 000 T (d’Europe)

Capacité au Niger d’approvisionner toute l’année, ce qui évite le recours aux importations

Période de production

Toute année

Janv-mai

rendement

18 T/ha

25 T/ha

Léger avantage pour le Sénégal

Coût production/ha

1 000 000 FCFA

1 500 000 à 2 500 000 FCFA

Oignons du Niger plus compétitifs

Prix producteur moyen

120 FCFA

140 FCFA

 

Nombre de producteurs

184 000

10 000 à 15 000

 

1.3. Perspectives et pistes d’amélioration

1.3.1. Perspectives d’accroissement du marché, de la production et de la valeur ajoutée

Potentiel d’accroissement des parts de marché local. Si l’on considère le seul marché intérieur, la part de marché (de l’ordre de 300 000 tonnes à horizon de 5 ans) que pourrait prendre la production locale dépend entièrement de la capacité de stocker une partie de cette production pour la mettre en marché pendant les mois creux. Sous cette condition, on peut considérer comme possible un marché additionnel de l’ordre de 100 000 tonnes.

Potentiel d’exportation. Il existe également un potentiel d’exportation, à la fois vers la sous-région et même vers l’Europe, ainsi que le montre les quelques opérations d’exportations lointaines qui ont lieu, notamment sous l’égide de l’UML de Mboro : avec un prix producteur de 130 FCFA, l’oignon parvient sur le marché européen, en contre-saison, à un prix tout-à-fait compétitif par rapport au prix du marché à cette époque (200 à 250 FCFA). Au total, un volume d’exportation à terme de 50 000 tonnes paraît réaliste.

Potentiel d’accroissement de la production. Le potentiel d’accroissement de la production est limité (quoique non nul) dans les Niayes, du fait de la pression foncière croissante, mais considérable sur le Fleuve, à la fois dans la zone traditionnelle de Podor (où la superficie cultivée dépend d’un arbitrage fait par le producteur entre l’oignon et une autre culture de contre-saison) et dans le Delta, où de nouveaux périmètres aménagés (notamment ceux du projet PDMAS) pourraient être cultivés en oignon. L’accroissement de la production sera d’autant plus important que la contrainte de financement des campagnes de production et des équipements sera réduite. Sous cette condition, la production pourrait permettre de réaliser les objectifs de marché ci-dessus indiqués

Potentiel d’accroissement des rendements et de la compétitivité. Le coût de production pourrait être réduit de 20% au moins dans les Niayes par la généralisation de systèmes d’irrigation modernes en remplacement de l’arrosage manuel, ce qui implique le financement à coût partagé de l’équipement, comme le pratique certains projets, notamment le PADEN.

Il existe également, aux dires des agronomes, un potentiel certain d’amélioration des rendements par un meilleur respect des itinéraires techniques, qui pourraient facilement passer d’une moyenne de 25 T/ha à 30 T/ha.

Valeur ajoutée additionnelle possible. Sur la base des potentiels ci-dessus analysés, on peut attendre, dans le cadre d’une stratégie d’amélioration,  une valeur ajoutée additionnelle au stade de la production de   10 à 15 milliards FCFA à horizon de 5 ans. 

1.3.2. Pistes d’amélioration

Pistes en matière de stockage.

Le besoin de stocker une partie de la production sur une période de 4 ou 5 mois est, on l’a vu, une condition nécessaire à la conquête du marché national.

Besoin d’améliorer la stratégie. Les Autorités construisent actuellement un certain nombre de magasins en dur, d’une capacité de 10 à 20 tonnes, rétrocédés aux groupements de producteurs pour le stockage de l’oignon. Ces  magasins, utiles pour stocker d’autres produits, ne semblent pas recueillir la pleine adhésion des producteurs, qui les utilisent peu pour le stockage des oignons, et semblent peu adaptés :

·         parce que leur taille ne correspond pas aux besoins d’un stockage collectif  (une capacité de 10 tonnes correspond à une superficie cultivée d’un demi-hectare)

·         parce que le principe même d’un stockage collectif peut être remis en question : un tel mode de stockage implique une gestion collective du stock (surveillance, tri des oignons détériorés, …) et de la mise en marché (qui décide de l’époque à laquelle vendre le stock ?) qui excède souvent la capacité organisationnelle des groupements

·         parce que les producteurs sont, de façon générale, pressés de vendre et ne peuvent assumer un stockage de longue durée qu’ils considèrent ne pas faire partie de leurs responsabilités

·         parce que le type de magasin construit est souvent mal adapté (manque de ventilation), et trop onéreux par rapport au stockage dans de simples abris couverts, grillagés et équipés de claies (modèle Maisons Familiales), aussi performants et beaucoup moins onéreux.

Vers une approche différenciée selon le type de stockage. On peut en réalité distinguer deux types de besoins de stockage :

·         Un stockage conjoncturel, pour permettre aux producteurs de différer d’environ un mois la mise en marché, lorsque le marché est particulièrement saturé.   Pour ce type de stockage, on pourrait envisager de promouvoir la construction d’abris individuels pour les producteurs qui le souhaitent

·         Un stockage de conservation de longue durée, pour réguler l’offre saisonnière et permettre l’approvisionnement du marché en hivernage. Ce type de stockage, indispensable pour pouvoir se passer des importations, doit être assuré par des commerçants-stockeurs (fonction qui n’existe actuellement pas). Il conviendrait d’encourager l’émergence de tels opérateurs, par exemple en mettant à leur disposition, à travers des baux à des loyers avantageux, des locaux appropriés pour la conservation de longue durée et par la mise en place de mécanismes di financement des stocks adossés à une sorte de warrantage.

Pistes en matière d’amélioration des marchés d’approvisionnement

Les grands marchés d’approvisionnement dans les zones de production sont dépourvus d’équipement sur lesquels les producteurs peuvent procéder au tri et au conditionnement de leurs produits (utiles à l’amélioration de la qualité et répondant à une demande du marché). L’aménagement d’une telle plateforme réalisé à Guia remporte clairement l’adhésion des producteurs. La multiplication de tels équipements pourrait donc être envisagée.

Pistes en matière d’amélioration de la production

·         Investiguer le problème de la qualité sur les semences de violet de Galmi

·         Développer des mécanismes pour le financement des campagnes de production, le financement des équipements d’irrigation et le financement du stockage de courte durée



[1] Voir § ….

[2]

FOB Europe : 0,3  soit                        200

Fret et manutention                              30

Droits de douane et surtaxe                  92

Coût dédouané Dakar                        322

 

[3]

coût production oignon

Fleuve

Niayes

intrants

   

semences

135000

135000

engrais

216000

216000

fumure organique

120000

120000

produits phyto

30000

30000

gas oil irrigation

105000

105000

amortissement matériel

20000

20000

travaux mécanisés

80000

80000

main d'oeuvre

340000

1356500

coût proportionnels à récolte (base 25T)

   

sacherie

125000

125000

transport au marché

62500

62500

coxeur

250000

250000

total

1483500

2500000

production (tonnes)

25000

25000

coût unitaire

59,34

100

prix de vente moyen

120

160

recettes

3000000

4000000

marge nette producteur

1516500

1500000

 

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